C'est prétentieux de ma part d'attirer l'attention sur ma petite personne à un moment crucial ou un peuple meurtri depuis une décennie vit encore une incertitude anxieuse. Ne serait les réactions contre verses suscitées par la publication de mon article: droit de réponse à Docteur Thierno , je ne me serais pas permise . Je persiste à dire que la différence d?appréciation est la source de la diversité d?opinion- donc de la multitude?et, c?est de la multitude que le meilleur émerge.
Par soucis de préserver la paix et l'unité déjà fragilisées, j'ai demandé à ce qu'on retire le texte des sites. C'est toute fois l'occasion de remercier les guinéens qui nous soutiennent, nous encouragent et nous poussent à continuer sur ce long et exténuant chemin de la réconciliation.
``L'harmonie dans une société n'est possible que quand on observe les règles``. Ce texte écrit à la hâte avec une grande colère m'a fait faillir à quelques règles très élémentaires qui portant font parties de mes principes notamment: celui de ne pas juger, pas accuser ni condamner.
J'ai aussi failli à un autre principe divin - donc plus important- qui dit: si tu estimes que ton frère t'a fait du tord, va vers lui, seul, sans témoin et expliquez vous, ainsi tu gagnes son c?ur.
Notre seule excuse dans nos pulsions sur le net est basé sur l'amour que nous avons tous pour ce pays qui va à la dérive face à notre impuissance à faire éviter le mal, alors là chaque être ayant son modèle de parole, son éducation, ses codes culturels, son vécu, son ressentiment, sa préoccupation, les circonstances nous dictent parfois la manière de nous adresser à autrui et le langage qui nous semble le mieux adapté.
Mais quand bien même aurions nous des dons: l'instruction et la connaissance, quelle valeur cela aurait-il s'il nous manque l'humilité, la sagesse et le discernement de reconnaître nos erreurs qui nous font stagner dans des considérations mesquines, d'amour propre au détriment de celui de l'autre? L'orgueil est à la base de la cacophonie du monde. Il nous fait du tord en nous donnant une haute opinion de nous même, nous disculpant de toute faute pour ne pas perdre la face.
Dieu bénit celui qui garde l'unité. L'un de nous a-t-il du talent? Qu'il ne fasse pas l'important car cela ne vient pas de lui et tout est éphémère. Je demande donc pardon à Dieu, à Thierno et à Madame Baud.
Comme disait Antoine de St Exubery: Je ne dirai pas les raisons que tu as de m'aimer, car tu n'en as pas, la raison, c'est l'amour .
C?est cet amour que notre raison même ignore car très souvent elle nous dicte de renoncer à comprendre le problème complexe de la Guinée et à nous consacrés à nos activités lucratives`` tant pis, quelle brûle enfin, cette Guinée`` nous dit parfois la raison. Mais aussitôt, nous nous perdons à chaque fois que la colère gronde, que le volcan fulmine, il nous arrive de nous lasser, de douter et en même temps d?avoir peur:
Peur de la répétition de tout ce que nous lisons sur l'histoire sanglante des peuples du passé, et ce que nous voyons tous les jours chez les autres.
Peur de voir les gens que nous aimons souffrir et mourir atrocement de famine, de soif, peur que la dispersion ne l'emporte, peur de les voir vivre dans l'incertitude. Peur que toutes les prières et sacrifices de renoncement de nos parents ne soient vains.
Et c'est en ce moment seulement que nos ambitions s'estompent, que nos ranc?urs enfouies doivent s?effacer, que nos différents doivent se régler, que nous devons cesser d'apprivoiser et de reproduire le mal subit et qu'ensemble nous convergions vers le même objectif.
Je redis pour la troisième fois dans mes textes que le monde est un tombeau de puanteur et qu'en ouvrant nos vieux dossiers qui renferment nos manquements, nos faiblesses et nos douleurs, déjà archivés pour les trier et les exposer, ça risque de sentir mauvais et empester tout le monde. Les réactions d'un témoignage positif venant d'une personne qui n'a jamais accepté d'être victime me réconfortent dans mon insistance pour le pardon, autrement que se passera-t-il quand les victimes se mettront à tables?
Malgré mon haut degré d'émancipation qui soutient la complémentarité - pas l'égalité- dans les relations hommes femmes, je reste avant tout une croyante, une femme et une mère avec ses craintes et ses angoisses face à la haine et les rivalités qui déchirent mon peuple. Mon seul souci est que la paix soit, elle seule rafraîchit. Dans le chao il n y a que les malins qui s'en tirent, les laissés pour compte que nous sommes sensés défendre sont encore ceux qui subissent le plus. C'est pourquoi, nous exhortons chacun à être ministre de la paix.
Oui pour la revendication de nos droits, oui pour dénoncer les abus du pouvoir, oui aussi pour l'acceptation de la différence, oui pour les débats fructueux et constructifs et vivement la tolérance, et quand naissent les différents a l'imperfection inhérents, promptement il faut les régler par le dialogue, que par le dialogue pour garder l'unité.
J'ai choisie volontairement un chemin qui ne passe pas forcement par la gloire et l'aisance mais plutôt par le renoncement, l'incompréhension, le rejet, le mépris et le dénuement. Ce choix refuse de s'emmurer dans un parti politique, ethnique ou clanique, il rejette toute complicité avec un pouvoir qui repose sur l?injustice, il ne vise pas non plus un fauteuil d'honneur. C'est un contrat à durée indéterminée qui me fait permanemment investir dans le capital humain au-delà de toute barrière ethnique sociale et religieuse, car on ne peut dissocier l'indissociable: le créateur et sa créature.