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Iran: Ahmadinejad réélu, des incidents éclatent à Téhéran il y a 1 heure 55 min Ali Akbar Dareini et Anna Johnso

Mahmoud Ahmadinejad réélu dès le premier tour en Iran: la campagne très animée laissait présager un scrutin serré, mais d'après les résultats officiels, l'ultraradical président sortant l'a facilement emporté avec près de 63% des voix, déjouant la "vague verte" espérée par les partisans de son principal rival, le réformateur Mir Hossein Moussavi, qui dénonce une "manipulation". Lire la suite l'article

Peu après l'annonce des résultats officiels, des affrontements ont éclaté samedi entre la police anti-émeute et les partisans de Moussavi, qui ont érigé des barricades de pneus enflammés. Il s'agissait des troubles les plus sérieux dans la capitale iranienne depuis les manifestations étudiantes de 1999.

L'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi n'a obtenu que 33,75% des voix contre 62,62% au président sortant lors du scrutin de vendredi, selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur. Mahmoud Ahmadinejad prévoyait de s'exprimer samedi soir à Téhéran.

Plusieurs centaines de manifestants, dont beaucoup portait le vert devenue le symbole de la campagne de l'ancien Premier ministre, s'étaient massés près du ministère de l'Intérieur au moment de l'annonce des résultats scandant "le gouvernement a menti au peuple".

Mir Hossein Moussavi a dénoncé une "trahison du vote populaire" et une manipulation du scrutin, appelant ses partisans à résister au pouvoir du "mensonge et de la dictature". "Le peuple ne respectera pas ceux qui prennent le pouvoir par la fraude", a-t-il dit en appelant à l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la révolution iranienne, qui détient le véritable pouvoir en Iran.

Mais le chef suprême iranien s'est félicité de la participation record -85% des 46,2 millions d'électeurs inscrits- appelant chacun à célébrer ses résultats qualifiés de "bénédiction divine". Il a demandé au peuple de s'unir derrière le président sortant et demandé aux candidats de l'opposition à "éviter une attitude de provocation".

L'ultraconservateur Mahmoud Ahamdinejad, qui a apparemment profité de son image d'homme du peuple, bénéficie de l'appui de la puissante théocratie iranienne.

Mercredi, le puissant corps des Gardiens de la Révolution, les pasdarans, bras armé des mollah, avait prévenu qu'il réprimerait toute "révolution" contre le régime islamique menée par le "mouvement vert" de Moussavi.

Samedi, le ministre de l'Intérieur Sadeq Mahsouli, a mis en garde contre tout "rassemblement non-autorisé". Des appels au calme ont par ailleurs été lancés depuis les quartiers généraux de Moussavi.

Mais dans la capitale, d'épaisses colonnes de fumée noire montaient des barricades de pneus et de poubelles enflammés. Un bus vide a été incendié dans une rue de la ville. Près du ministère de l'Intérieur, la police anti-émeute a chargé les protestataires à coup de matraque. Des policiers casqués pourchassaient à pied ou à moto des groupes de manifestants, qui se regroupaient pour jeter des pierres sur les forces de l'ordre.

Un photographe de l'Associated Press a vu une femme frappée à coup de matraque par un policier en civil. La RAI rapportait qu'une de ses équipes s'était retrouvée au milieu d'affrontements près du QG de Mir Hossein Moussavi. Selon la télévision publique italienne, leur interprète iranien a été frappé à coup de matraque et les policiers ont confisqué les bandes des caméramen.

A Téhéran, l'envoi de SMS restait bloqué, une tentative apparente pour bloquer l'un des principaux moyens de communication du mouvement de Moussavi, qui avait fortement mobilisé les jeunes Iraniens. Plusieurs sites Internet pro-Moussavi restaient difficile d'accès.

"Presque tous les gens que je connais ont voté pour Moussavi mais c'est Ahmadinejad qui est déclaré vainqueur", s'étonnait l'un de ses partisans Nasser Amiri, employé dans un hôpital de Téhéran. "Ce que le gouvernement a annoncé, ce n'est rien d'autre qu'une fraude généralisée. C'est très, très décevant. Plus jamais je ne voterai en Iran".

La veille, Barack Obama avait dit croire en "la possibilité d'un changement en Iran". Avant le scrutin, le nouveau président américain avait tendu la main à l'Iran, offrant un dialogue à Téhéran pour sortir de la crise du nucléaire iranien. Samedi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a espéré que le résultat du scrutin reflétait réellement "la volonté et le désir profond" du peuple iranien.

Malgré plusieurs vagues de sanctions du conseil de sécurité de l'ONU, l'Iran refuse toujours de geler ses activités sensibles, comme l'enrichissement d'uranium, pouvant servir à la fabrication d'armes nucléaires. Et les tensions avec les Occidentaux ont été attisées par la rhétorique agressive de Mahmoud Ahmadinejad, ses provocations répétées vis-à-vis d'Israël et ses propos négationnistes.

AP

http://www.youtube.com/user/dolonki

 

 

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