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Et si les peulhs ont été naïfs de croire à l'unité de l'opposition ? Un site guinéen a publié la liste partielle des victimes de la barbarie du 28 septembre 2008. Sur 1020 victimes, seulement 20 ont un patronyme autre que Diallo, Bah, Baldé, Barry et Sow. Sur cette liste partielle 98% des victimes du sadique Dadis sont des peulhs. C'est un véritable génocide anti-peulh. La très sérieuse organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Right Watch a déjà tiré ses conclusions sur le caractère ethnique des massacres. Des informations crédibles indiquent que le massacre devrait avoir lieu au Fouta. Le choix de Labé comme première sortie de l'assassin du CNDD n'était pas fortuit. Le plan prévoyait de raser Labé, Pita, Dalaba et Mamou au motif que quelques hommes de Cellou se sont attaqués au cortège Présidentiel. Mais les sages de Labé ont vu Dadis venir. Ils ont conseillé aux jeunes de ne pas bouger. Dadis voulait verser le sang mais il n'avait aucun motif. Il était tellement déçu de l'échec de son opération de nettoyage ethnique qu'il n'a même pas bu de l'eau à Labé. Il voulait massacrer les peulhs chez eux pour marquer sa haine féroce contre cette ethnie. Il s'est rattrapé à Conakry le 28 septembre dernier.
Dadis a toujours montré sa haine contre Cellou et les peulhs. Ceux qui doutent qu'on qu'à relire le rapport de ses services de renseignement en date du 1 er janvier 2009. Depuis que Cellou Dalein a commencé à drainer des foules en Haute et Guinée Forestière la haine du psychopathe du CNDD s'est amplifié. Dadis et les extrémistes du CNDD ont planifié des massacres spectaculaires contre les partisans du patron de l'UFDG. La première tentative a été de l'accuser d'avoir mobilisé des dizaines de milliers de rebelles au Sénégal et au Liberia et qui sont prêt à entrer en Guinée. Tous les moyens sont bons pour abattre Celou et ses militants peulhs même s'il faut pousser la maladresse jusqu'à accuser le pays de celui qu'on considère comme son père d'être à la solde de l'ennemi numéro un. Comme on le voit, le caractère prémédité du carnage du 28 septembre ne fait l'ombre d'aucun doute. Mais des doutes sont permis sur la sincérité des acteurs des forces vives. En tout cas, les victimes se comptabilisent d'un seul côté. Les forces vives affichent aujourd'hui une unité qui peut être salutaire pour la suite des évènements. Mais pour renforcer cette unité, il faut oser mettre certaines questions essentielles sur la table certaines questions. Pourquoi ce sont les peulhs qui étaient les plus nombreux au stade du 28 septembre ? C'est vrai que les peulhs sont de loin les plus nombreux à Conakry mais ils sont loin de faire 98% de la population. Pourquoi ce sont les militants de Cellou et de Mouctar Diallo qui ont le plus répondu à l'appel ? Ou étaient les militants des autres partis au moment des faits ? Des informations discrètes ont-elles circulé pour dissuader certains de rendre au stade sachant ce qui se tramait au Camp Alpha Yaya ? Pourquoi certains prisonniers ont bénéficié de libérations anticipées après avoir décliner leur identité ? Pourquoi on demandait aux peulhs de donner l'argent que leur a distribué Cellou ? Qui peut être à la base de ce genre de rumeurs ?
Ces questions ont tout leur sens quand on sait qu'en Guinée la politique la plus partagée en matière de lutte est « Levons-nous et partez ». Lors des évènements de 2007 des preuves formelles attestent que certains leaders politiques et non des moindres avaientt demandé à ses militants de ne pas bouger. Ainsi, l'axe Matam-Matota a ainsi été épargné par les mouvements. C'est pourquoi au soir du 22 janvier 2007 des personnes mal intentionnées pouvaient s'arrêter devant Conté et dire très haut « les peulhs de Bambéto sont en rébellion » . Cette phrase a eu son pesant d'or dans la suite des évènements. Toutes les décisions de Conté par la suite ont été influencées par cette phrase.
L'autre question est de savoir si les leaders politiques peulhs sont assez matures pour comprendre les enjeux stratégiques de certains évènements. En 1993, un leader connu avait voulu utiliser le bouillant Bâ Mamadou pour réclamer sa victoire. Bâ Mamadou en fin politicien a demandé au principal concerné de donner le ton. Il avait clairement indiqué à la personne concernée qu'il pouvait l'aider à condition de vérifier son engagement et sa détermination à réclamer ce qui lui est dû. L'autre n'a pas bougé, Ba aussi. Le Doyen avait même demandé à ses partisans de vaquer à leurs occupations quotidiennes. En 2003, l'opposition voulait d'une candidature unique mais l'idée a été vite abandonnée quand certains se sont rendus compte qu'Elhadj Biro Diallo était en poule position.
Dans la politique, il faut savoir donner et encaisser des coups. Il faut surtout pouvoir connaître les forces et faiblesses des adversaires et des partisans. Il est aussi primordial de savoir analyser la portée des évènements pour pouvoir les retourner en sa faveur.
Il faut se battre par tous les moyens possibles pour que ceux qui ont massacré ces guinéens payent le juste prix. Mais, il importe également de tirer les leçons de ce qui s'est passé. Sinon il n'est pas exclu que le même scénario de 2007 se répète. Ceux qui luttent sont ceux qui vivent dit l'adage. Mais en l'absence d'une stratégie efficace, ceux qui lutent peuvent être ceux qui crèvent pour le grand bonheur de ceux qui ont toujours privilégié la fourberie et les coups bas à la lutte ouverte. C'est de bonne guerre me direz-vous. Thierno Sow pour Tamsirnews.com depuis Conakry Tel:00224 65 44 2302
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