L'argent des enseignants contractuels détourné, le Bac 2009 menacé
Contrairement aux affirmations du gouvernement, le paiement des arriérés de salaire des enseignants contractuels n'est pas encore effectif même pour ceux de Conakry. Cette situation risque de compromettre la tenue des examens de fin d'année surtout le bac qui est programmé ce lundi.
Ce jeudi, les enseignants ont rejeté en bloc les montants qui leur ont été proposé. En effet, les comptables ont proposé aux enseignants du primaire 500 000 francs guinéens sur un montant dû estimé à 1 200 000. Pour ceux du secondaire, un montant de 800 000 a été proposé alors que les arriérés dépasseraient 1 500 000.
Les 11 000 enseignants concernés restent intransigeants : ou bien ils perçoivent l'intégralité du montant dû ou le boycottage total de tous les examens. Depuis ce vendredi matin, ils ont pris d'assaut les environs du ministère de l'éducation. Il semble que la Gendarmerie a quadrillé tous les accès aux bâtiments du ministère.
Dans cette lutte, les fonctionnaires concernés mènent leur propre lutte étant donné qu'ils se sont sentis trahis par les syndicats du secteur. Quand ces derniers ont rencontré Dadis, ils ont préféré jouer aux chercheurs de points au lieu d'expliquer concrètement la revendication légitime de ceux qui sacrifient leur vie pour donner le savoir aux enfants de ce pays.
Les guinéens ne comprennent pas qu'on refuse de payer des salaires de misère à des pauvres enseignants alors qu'au même moment des dépenses faramineuses sont engagées par la junte au pouvoir : 12 millions de dollars pour acheter un éliscopter présidentiel pour permettre aux enfant de Dadis de jouer (surfacturation de plus de 10 millions de dollars), 30 millions de dollars de contrats pour les tenus militaires en faveur de la famille du ministre de la défense, maître du pays, 35 millions de dollars en faveur de fawaz pour des groupes électrogènes d'occasion que les guinéens risquent de ne jamais voir, sans compter les sorties d'or à la banque centrale.
Toutes ces dépenses sont une insulte aux enseignants dont les arriérés ne représentent que 18 milliards de nos francs (soit 3,5 millions de dollars). C'est d'ailleurs cette situation qui agace les enseignants et les parents d'élèves qui comprennent le ras-le bol de ceux qui forment leurs enfants.
e qui est le plus surprenant ce que l'argent est semble t-il décaissé (le ministre a même exhibé un chèque à la RTG) mais des fonctionnaires du ministère de l'éducation en complicité avec des réseaux dans d'autres département veulent prendre leur part. Pour eux, les enseignants étant laminés par la famine, ils vont prendre tout ce qu'on leur propose. Certains fonctionnaires n'ont pas peur n'ont pas peur de Dieu. Comment quelqu'un peut-il détourné l'argent de pauvres enseignants dont le salaire ne permet en général pas de survivre pendant une semaine ? Toutefois, la stratégie du gouvernement et de ceux qui ont pris l'habitude de vivre sur la misère des autres n'a pas marché cette fois-ci. Les affamés résistent encore.