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Les guinéens doivent savoir ce qu'ils veulent : le changement ou le retour aux enfers

Depuis un certain temps des guinéens de tout acabit s'agitent autour de Cellou Dalein Diallo. Si chacun est libre d'avoir des convictions et de les exprimer, il n'en demeure pas moins que l'agitation autour de Cellou peut agacer une bonne partie de l'opinion publique.

Ce qui est surprenant c'est que le phénomène Cellou intervient après les luttes mémorables de janvier et février 2007. A cette époque, les guinéens ont déclaré sans ambages qu'ils voulaient le CHANGEMENT. La preuve est que les contestations les plus remarquées ont éclaté après la nomination de Eugène CAMARA. Ce dernier a été rejeté jusque dans son N'Zérékoré Natal au nom du CHANGEMENT. Les gens n'avaient rien de particulier à reprocher à Eugène sinon sa proximité durant une dizaine d'année avec Lansana Conté.

Pourquoi rejeter Eugène CAMARA au nom du changement et accueillir Cellou Dalein DIALLO en espérant le même changement ? Cela ressemble à une plaisanterie de mauvais goût. On ne peut pas faire du neuf avec du vieux recyclé.

Cellou a, à plusieurs égards, été plus proche de Conté qu'Eugène CAMARA. Si Conté doit être jugé pour son bilan catastrophique, Cellou Dalein l'accompagnera à la barre au même titre que les Moussa Solano, Réné Gomez, Facinet Fofana, Kader Sangaré, Lamine Sidimé, Chérif Bah, Fodé Soumah, Cheick Camara…

Les guinéens ne doivent pas oublier que Cellou était dans le Gouvernement de Conté quand il a décidé de raser Kapora Rails. Jusqu'à présent, il existe des milliers de familles en Guinée qui ne sont pas remises de cette catastrophe humanitaire. Quand Ba Mamadou a été arrêté en 1998 autour de cettef même affaire, Cellou faisait partir de ses bourreaux. Il est étonnant que ce même Ba Mamadou lui cède la présidence de son parti. Bien sûr, les dessous de table ont des raisons que la raison peut ignorer.

Le peuple meurtri de Guinée doit se rappeler que si Conté est aujourd'hui au pouvoir c'est parce que des opportunistes de la trame de Cellou Dalein, Sidimé, Kader Sangaré, Somparé et bien d'autres lui ont permis de modifier la constitution en 2001. En 2001, Cellou a fait le tour du Foutah pour faire avaliser le référendum auprès des paysans meurtris et abandonnés.

Les guinéens doivent savoir que si des jeunes guinéens sont prêts aux sacrifices les plus folles pour quitter l'enfer guinéen et gagner l'Europe c'est parce que les Cellou ont mal géré ce pays.

Les guinéens doivent comprendre que si Mamadou Sylla peut narguer aujourd'hui les guinéens c'est grâce à la bénédiction de Cellou. C'est au moment où ce dernier gérer le département des transports que la compagnie Nationale Air Guinée, symbole de la souveraineté Nationale, a été léguée à Mamadou Sylla sans qu'il ne verse même un franc symbolique.

Cellou est en grande partie responsable de la déliquescence de l'Etat de guinéen. Quand il était Premier Ministre, il a subi des défiances publiques de la part de ses ministres. Il a été désavoué à plusieurs reprises par des ministres sans lever le petit doigt. C'est lui qui a conduit la Guinée à l'histoire des décrets et contre décrets juste parce qu'il a voulu s'accrocher à un pouvoir qui ne détenait pas.

J'entends des gens dire qu'ils soutiennent Cellou parce qu'il est un grand bâtisseur. J'aimerais les croire. La route Kouroussa-Kankan-Siguiri-Kourémalé et les points sur le Niger et la Fatala seraient ses œuvres tout comme l'autoroute Tombo-Gbéssia qui après cinq ans d'exécution est loin de finir.

Ceux qui mettent en avant ces petites réalisations oublient que Cellou a été responsable du département des Travaux publics pendant 8 bonnes années. En 8 ans il n'aurait réalisé que moins de 800 km de route et deux ponts. Soit moins de 100 km par an et un pont tous les 4 ans. Il n'est pas étonnant qu'à ce jour la Guinée soit le pays le plus enclavé de la sous-région.

Pendant le règne de Cellou, le Foutah et la Forêt n'ont bénéficié d'aucune goutte de goudron. Pendant ce temps, il a cautionné le butumage des routes inter villages à Koba pour faire plaisir à son patron Conté. A chaque saison des pluies, la Forêt, le grenier du pays, est coupé du reste de la Guinée. Au Foutah, les préfectures de Mali, Lélouma, Koubia, Tougué, Gaoul et Koundara ne connaissent pas encore à quoi ressemble une route butumée. Il en est de même de Télimélé en Basse Guinée, Mandiana et Kérouané en Haute Guinée, Youmou, Lola en Forêt.

La route Mamou-Labé est impraticable et son tracé qui remonte à l'époque colonial est source de beaucoup d'accident. Cellou n'a même pas pensé à la route Labé-Dalein. Et pourtant quand il a été débarqué en avril 2006 comme mal propre, il s'est réfugié à Dalein pour pleurer auprès des siens. Quelqu'un qui ne s'aime pas ne peut pas aimer autrui. Cela est une vérité universelle.

La Guinée est à la croisée des chemins. Si les guinéens veulent le véritable changement, ils ne doivent pas se retourner vers ceux qui sont responsable de leur misère actuelle. La Guinée compte plus de 10 millions d'hommes et de femmes. Sûrs que parmi cette masse, il existe des guinéens neufs, patriotes, compétents et qui ont des ambitions pour ce pays. A coup sûr Cellou n'est pas de ceux-là.

Pour paraphraser Francis Blanche, je dirais « Face à leur malaise qui est profond, il vaut mieux que les guinéens réalisent le véritable changement que changer de pansement ». C'est aussi simple que cela.

Thierno Sow, analyste politique de Tamsirnews.com