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DU CINQUANTENAIRE DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE LE 28 SEPTEMBRE 1958 !

Pas de panique, le cinquantenaire n'est contre personne.

Dans la vie des nations, des peuples et des personnes, des moments bien choisis permettent de jeter un regard interrogateur sur le passé pour mieux comprendre le présent afin de bien se projeter dans l'avenir. Le début d'une année, par exemple, est la période choisie pour présenter le bilan des activités d'un gouvernement et ceux des sociétés et des personnes pour l'année précédente. Pour toute une Nation, la période-année semble courte pour cerner les impacts des activités, toutes les activités des pouvoirs publics : exécutif, législatif et judiciaire, sur la vie des populations guinéennes dans le présent et pour l'avenir. Un peuple comme le nôtre qui a connu six siècles de traite négrière et de colonisation, et qui a arraché son indépendance au prix de la sueur, des larmes et du sang, se doit de s'arrêter pour s'auto-évaluer après une période d'au moins cinquante (50) ans d'exercice des attributs de la souveraineté et de l'indépendance. Cette période est à peu de chose près égale au temps de la colonisation effective. Aussi, au moins un autre pays, le Ghana, indépendant en 1957, en a donné un exemple réussi.

Le fait que les avis soient partagés sur le sujet découle d'un manque d'information et de sensibilisation. C'est pourquoi, j'estime qu'il faille rassurer chacun et tous sur le thème de cet évènement qui ne saurait être que le cinquantenaire de la République de Guinée, donc du bilan de la République . Pour cet évènement, ce n'est pas seulement le bilan des personnes, ni leurs problèmes particuliers qui intéresseront le Peuple de Guinée. C'est dire qu'il ne s'agira pas uniquement de Sékou Touré , 1 er président du pays, ou du général Lansana Conté son successeur. Ce qui intéresse le Peuple de Guinée, c'est là où il est aujourd'hui par rapport à la mise en œuvre des valeurs cardinales de la République que sont l'hymne national (liberté), le drapeau (le rouge, le jaune et le vert) et la devise (Travail-Justice-Solidarité). Il reste pourtant très clair pour chaque Guinéen, qu'il est impossible de parler de la République de Guinée sans parler de feu Ahmèd Sékou Touré, le père de l'indépendance du pays, «  l'homme africain décisif… certainemen t un homme exceptionnel … un homme courageux et rigoureux, un homme d'Etat qui a été plus enclin à suivre la voie de l'austérité que celle du faste, un leader syndicaliste incomparable ayant évolué dans un contexte international marqué par l'adversité d'abord dans la lutte pour l'indépendance, et ensuite pour la gestion de l'indépendance contre laquelle l'ancienne Métropole n'a cessé d'œuvrer en s'appuyant, comme elle a toujours su le faire, sur des complices extérieurs et intérieurs » . L'évènement est donc indiqué pour lui rendre ce que son œuvre exceptionnelle pour le passé, le présent et le devenir de la Guinée mérite.

C'est vrai que, dès qu'on parle de bilan, les gens pensent automatiquement à l'aspect quantitatif de la vie de la Nation  : les infrastructures réalisées, le nombre d'enfants scolarisés, la quantité de marchandises importées ou de produits exportés, le taux d'inflation, la longévité des gouvernements, les montants de l'aide extérieure, etc. Par delà ces valeurs quantifiables, j'appelle mes compatriotes à un exercice d'auto-méditation et d'auto-critique par rapport à la mise en œuvre et au soutien des valeurs cardinales de

Que Dieu, le Très-Haut, bénisse la Guinée ! Amen !

Évaluation de la République de la Guinée

 

 

N.O.

 

Thèmes

1 ère République

2 ème République

 

1

L'État de Guinée a-t-il hissé et fait hisser haut le drapeau  guinéen tant en Guinée qu'à travers le monde ? 

 

 

2

L'État de Guinée a-t-il défendu et fait défendre la liberté dans toutes ses variantes tant en Guinée que dans la Communauté internationale ?

 

 

3

L'État de Guinée a-t-il travaillé et fait travailler dans la justice (c'est-à-dire dans la transparence et la bonne gouvernance) et pour la solidarité nationale (c'est-à-dire dans l'intérêt supérieur de la Nation et de ceux de chacun de ses composants) ?

 

 

4

L'État de Guinée a-t-il rempli sa fonction régalienne en faisant respecter l'ordre et la discipline, et en protégeant les citoyens et leurs biens à travers la police, l'armée et la justice ?

 

 

5

L'État de Guinée a-t-il été l'instituteur du social en renforçant les valeurs de l'éducation, de l'enseignement et de la culture ?

 

 

6

L'Etat de Guinée a-t-il œuvré réellement pour l'unité nationale tout en respectant les diversités ?

 

 

7

L'État de Guinée a-t-il été l'État-providence ne serait-ce que sur le plan de la solidarité nationale en protégeant les couches de la population les plus fragiles ?

 

 

8

L'État de Guinée a-t-il été l'État promoteur économique en soutenant l'économie nationale dans la réalisation des services sociaux de base pour l'ensemble de la population et la réalisation des grands travaux (usines, barrages hydroélectriques, routes, chemin de fer, aérodromes, aménagement des plaines etc.) ?

 

 

9

L'État de Guinée a-t-il respecté le principe de la séparation des pouvoirs par rapport aux principes fondamentaux d'un Etat moderne, tels qu'ils ont été énoncés par les grands philosophes politiques ?

 

 

10

L'État de Guinée a-t-il été influencé par le relativisme culturel dans la mesure où il est une institution sociale qui subit l'influence de la géographie, de l'histoire et de la sociologie de son milieu de développement ? ( La Guinée est-elle un pays à part ?)

 

 

11

L'État de Guinée a-t-il joué un rôle important dans les relations internationales (promotion de l'intégration africaine, « insulation » des conflits africains et internationaux, promotion de l'Afrique, représentations diplomatiques et consulaires dans le monde, etc.) ?

 

 

12

Aujourd'hui, dans le cadre de la mondialisation , une des fonctions principales de l'État est son rôle de régulateur social. Il est l'arbitre qui fixe les règles du jeu et veille à leur application, compte tenu des divers intérêts impliqués et, surtout, de l'intérêt national. Envisagé dans ce contexte, le rôle de l'État consiste tout d'abord à définir une stratégie d'ajustement aux problèmes nouveaux, puis à rechercher les moyens d'y remédier, et enfin à fixer le niveau (secteurs public, privé ou même société civile) susceptible d'apporter la réponse la plus adéquate. L'État de Guinée l'a-t-il fait ?

 

 

 

Me Alpha Oumar SY SAVANÉ ,

Professeur, géographe internationaliste

et spécialiste en géostratégie.