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  Guinée: La première année d'Alpha Condé   Analyse et perspectives


21 décembre 2010   - 21 décembre 2011, juste un an, lorsque devant son peuple et les témoins symbolisés par les institutions africaines, des chefs d'État et de gouvernements ,d'émissaires et autres représentants que le Professeur Alpha Condé a prêté serment en qualité de Président de la République de Guinée, après près de 50 ans de combats contre les pouvoirs précédents.
Au delà des sentiments, que peut-on dire des 365 jours qui représentent en facteur temps les 20% sur les 1825 jours qui constituent le premier mandat de cinq ans du Président guinéen démocratiquement élu?

Notre exercice ne consiste pas à dresser un bilan ,il s'agit de faire en toute impartialité un constat sans complaisance sur ce qui semble nous marquer positivement et négativement pour une analyse sans passion .Donc notre travail ne cherche  pas à être   le publi-reportage digne d'un militant excité et envoûté encore moins le venin craché de certains opposants malhonnêtes qui font dans un nihilisme éhonté. Ainsi ,il s'agit de dire ce que nous avons constaté en prenant soin de leur analyser et si possible de faire des propositions allant dans le sens d'une amélioration. Quand bien même nous n'avons aucune qualité et prétention de nous comporter en donneur de leçons .Toute fois nous n'avons aucun complexe par rapport à ceux qui sont légitimement placés pour le faire! Mais comme il s'agit de notre pays et de son avenir. Donc de notre Avenir, il nous est loisible à l'instar de chaque compatriote de faire un constat et de se faire une religion.

Les points à saluer

En peut de temps Alpha a pu poser des actes dont nous estimons positifs même si toute fois  avec le temps on saura mieux les apprécier .Il s'agit du réveil des mentalités pour un esprit de changement positif, la détermination de mieux servir le peuple, l'assainissement de l' administration et des forces armées, la lutte contre l'inflation et la corruption, l'élaboration d'un nouvel code minier, la relance de l'agriculture ,le lancement des infrastructures, l'offensive diplomatique et l'allègement des procédures pour les investisseurs .

Le Changement de mentalité:

C'est  le plus pesant .A chaque discours Alpha réveil le guinéen, lui rassure par rapport à l'avenir de son pays. Il ne cherche d'inculquer les valeurs positives pour une république, une nation. Pour que le guinéen soit agent de son développement mais surtout un citoyen modèle .L'homme politique doublé d'enseignant prend souvent le temps de détailler à son peuple sa politique. Et souvent ça paye. Car il ne faut jamais minimiser l'adhésion populaire. Est ce lié à son réflexe  d'ancien éternel  opposant ou de Professeur  d'université qui cherche toujours  à convaincre? En tout cas dans l'un comme dans l'autre, nous trouvons qu'il est dans son rôle. Car un Président a besoin de convaincre et de rassurer. Toute fois il serait mieux que les ministres et autres hauts commis de l'État adoptent ce comportement pour mieux défendre la politique du Président. Les charges présidentielles étant très lourdes, il n'appartient pas au seul Chef de l'État d'aller toujours au charbon!

L'assainissement de l'administration et des forces armées.

La Guinée est l'un des rares pays au monde où dans l'administration comme dans l'armée servir loyalement et chercher une retraite paisible n'était pas dans les mœurs. L'armée et l'administration publique  étant considérées pour leurs employés comme une mine d'or inépuisable, tout était envisagé pour n'y quitter qu'avec la mort. Par des acrobaties judiciaires, faux et usage de faux, les potentiels retraitants étaient toujours inamovibles, donc sur les papiers ils étaient jeunes. Et certains qui mouraient étaient même remplacés par leurs enfants et autres proches parents. C'est ce pot aux roses qu'Alpha a découvert, étalé au grand jour et le casser  .Des fictifs dans l'armée comme dans l'administration furent détectés et obligés à la retraite même si avec le cas particulier du pays et dans un souci d'apaisement des mesures d'accompagnement suivront surtout chez les militaires.  Toute fois la reforme continue avec l'enregistrement biométrique, les employés fantômes et "bisalaires" sont définitivement  démasqués.
Seulement, avec l'inflation qui mine le pays, les salaires sont encore loin de faire vivre dignement certains employés moyens. Mais toute fois sans doute, les rémunérations font actuellement l'objet d'étude par rapport au coût de vie du guinéen. Alpha Condé est censé comprendre que quiconque qu'avec des salaires de misère c'est toujours la porte ouverte à la non-motivation mais aussi à la corruption .Nous estimons que l'attente ne sera plus longue même s'il ne faut pas oublier qu'Alpha n'a rien trouvé dans les caisses de l'État.

La lutte contre l'inflation, la corruption et la Criminalité

La monnaie guinéenne n'est pas un chiffon mais elle est longtemps dépréciée et sabotée par les pouvoirs militaires. Avec les blanches à billets ou la vente des mines l'État a largement favorisé l'inflation. Affaiblissant considérablement  ainsi le pouvoir d'achat des braves  populations. Dans un mois il n'était plus surprenant de voir le prix d'un produit doubler sans que cela ne soit répercuté sur sa qualité ni sur sa quantité. Au même moment les salaires restent intacts. Quel suicide?
Quant à la corruption, elle était une pratique que l'on ne cachait plus. Entre les prix officiels annoncés pour les services publiques et ceux que doivent débourser  les populations en liquidités il y avait toujours différences. Cartes d'identité nationales, Passeports, frais hospitalisation (etc.).Il fallait payer plus pour être satisfait. Dans la même logique même des diplômes d'étude étaient commercialisés, ainsi que les certificats de maladie (on ne peut pas tout citer) aujourd'hui, il n'est pas établi qu'il n'y a plus d'inflation en Guinée ou de corruption mais on constate une régression remarquable. La volonté politique d'éradiquer le phénomène existe. Il y a l'unification des caisses au niveau du trésor public. Le numéro vert pour dénoncer les corruptions ou tentatives de corruption. Pour la criminalité aussi, c'est le même combat. Avec des bandits et malfrats exhibés à la télévision, histoire de mieux intimider d'autres qui seraient tentés.
Toute fois, il faut une bonne organisation avec des méthodes plus appropriées sinon le Ministre Thiégboro et ses hommes sont très peu pour faire face à ces fléaux longtemps ancrés dans les habitudes de certains compatriotes. Avec la détermination, l'espoir y est.

Un nouvel code minier qui sauvegarde l'intérêt de la Guinée sans léser l'investisseur

Si hier, avec le régime militaire surtout, les mines guinéennes n'étaient qu'une affaire de mafia, aujourd'hui le guinéen lambda commence à sentir l'importance d'une ressource minière dans son pays. En économiste, doublé de juriste qui a le sens des affaires, le Président Alpha Condé vient de réussir un grand exploit, celui de sécuriser  et d'assainir l'exploitation minière en Guinée. Le nouveau code c'est un partenariat gagnant-gagnant qui est proposé et défendu où les intérêts de toutes les parties sont garanties (Etat, investisseur, populations riveraines, générations futures, employés, environnement).Mais le grand coup de Maître de cette volonté de renégociation des contrats miniers  est l'obtention des 700 millions de dollars américains versés par le leader mondial de la métallurgie Rio Tinto. C'est dire qu'avec les innombrables mines, c'est l'État qui va se faire une santé financière! Tenez, L'Inde propose chaque année comme aide à l'Afrique 600 millions de dollars américains, une seule mine guinéenne pond le plus qu'équivalent de ce montant .Quelle bonne percée. Seulement qu'il y est de la transparence dans la gestion des fonds et que le peuple soit informé de manière détaillée. Car c'est son argent! Les anciennes pratiques doivent cesser avec Alpha .C'est notre  conviction. En tout cas aujourd'hui les hôtels en Guinée sont pleins à craquer. Notre pays est devenu, une ruée pour les investisseurs, notamment miniers.

 

La relance de l'agriculture
Aujourd'hui, c'est la moisson en Guinée sur toute l'étendue du territoire. Pour un pays où il y a la pluie 8 mois sur les 12 de l'année, c'est révoltant que le souci de la majorité des populations soit limité à la question de la nourriture quotidienne. En langage détaillé se nourrir convenablement est un vrai souci pour le guinéen. Alpha, comme vexé par ce paradoxe honteux pour son pays veut vite inverser la donne. Il a largement casqué cette année pour l'agriculture, en incitant les paysans et une bonne partie du peuple au retour à la terre par des conditions attractives (semences, engrais, assistants techniques, machines, charrues, etc).
Quand bien même, il y a eu des volontés de sabotages mais pour l'essentiel le résultat est positif. Avec une meilleure organisation de ce secteur, la Guinée pourra vite obtenir son autosuffisance alimentaire et même devenir un exportateur  de denrées alimentaires. Le Président semble en tout cas le comprendre.

 

 

La politique sociale qui maintient l'espoir

Certainement touché par la misère du bas peuple, à peine installé qu'Alpha condé a fait du social un de ses objectifs politiques. Les denrées de première nécessité, ainsi que les charges liées aux accouchements assistés sont subventionnées par l'Etat. Mais n'oublions pas c'est avant tout un socialiste au pouvoir. Il est dans l'ordre normal des choses que sa politique plaide la cause des masses surtout populaires.

En tout cas, sans les subventions, on se demande comment le guinéen tenir allait tenir durant le ramdam passé. Seulement, avec la vérité des pris qui attrape toujours le mieux serait de créer les conditions et opportunités permettant aux guinéens de mieux maitriser le coût de vie. D'ici là il faudra maintenir cette politique social et mieux l'organiser et l'élargir aux villages. Conakry, seule, n'est pas toute la Guinée !

Les infrastructures

  Ousmane Bah doit être l'un des mieux occupés des ministres des travaux publics en Afrique tant le pouvoir actuel a des projets d'infrastructures à exécuter. Presque dans chaque domaine, c'est la pose des première pierres et les travaux sont aussitôt démarrés .Toute fois il faut de la rigueur et de la vigilance avec les entreprises qui réalisent les chantiers pour ne pas que celles qui n'ont pas l'expertise nécessaires  ne soient favorisées furent elles nationales. C'est la qualité des ouvrages qui nous importe. Nous ne voulons plus des routes qui ne feront que juste 2 ans. Mais des infrastructures de qualité qui s'inscrivent dans la durée. Seulement, il est à noter que la réalisation de certains ouvrages peut prendre du temps (barrages, chemin de fer, aéroports, port, etc.).
Au rythme où vont les choses dans une dizaine d'année la Guinée pourra être l'un des pays les mieux dotés en infrastructures pour le bonheur des populations. Voici un élément positif qu'on ne peut pas occulter.

 

La relance diplomatique
La diplomatie guinéenne était près que morte en ces dernières années. Aujourd'hui elle, non seulement elle est revigorée mais mieux elle fait une grande offensive avec l'ouverture de nouvelles ambassades et consulats dans des pays où le pays n'avait aucune représentation diplomatique. La coopération internationale est réchauffée avec tout le continent surtout avec les pays émergents. Le Ministre Koutoub Moustapha Sanoh est toujours au front pour vendre les potentialités du pays. Et il ne retourne jamais bredouille .Beaucoup de pays sont maintenant enthousiasmés pour venir ouvrir leurs ambassades à Conakry, ce qui sera un ouf de soulagement pour les guinéens qui sont obligés de venir à Dakar ou à Abidjan pour obtenir de simple visas.
Seulement, il serait souhaitable que les ambassadeurs accrédités soient là pour la cause de tous les guinéens habitants dans leurs sphères de compétences (géopolitique) sans aucune discrémination.Même si un ambassadeur serait un militant du pouvoir (ce qui n'est pas un crime) seulement qu'il travail pour tous les guinéens. Car il est le représentant officiel du Président de la République dans le(s)pays de sa compétence. Ne pas le faire c'est discréditer le pouvoir et l'affaiblir. Bref louper sa première mission.

Aujourd'hui, la Guinée avec ses atouts naturels, si elle transforme ses volontés en actions concrètes pourra retrouver une position diplomatique confortable en Afrique. C'est pourquoi il faut des hommes de qualités pour bien piloter notre diplomatie.

L'allègement des procédures administratives pour les investisseurs

Le Président guinéen craignant la corruption et voulant ouvrir le pays aux investisseurs crédibles a choisi de mettre une procédure allégée pour que au minimum dans les 72 heures une entreprise soit crée juridiquement avec toutes les garanties qui s'y prêtent. C'est l'herbe coupée encore sous les pieds des preneurs de pots de vin. Ces corrompus qui faisaient du business dans les bureaux. Résultats, c'est la bousculade pour être en Guinée et venir investir dans le domaine de sa compétence.
Toute fois, il faut asseoir un climat de paix, une justice libre, compétente et crédible. Pour un pays qui sort de 52 ans de dictature, les populations et les investisseurs ont besoin d'être rassurés. Que tout se passe dans le respect scrupuleux des règles de l'art. Nous pensons qu'Alpha y veille sur cela comme la prunelle de ses yeux. Et si c'est ainsi, tant mieux pour la Guinée.

Les faits à déplorer chez le pouvoir comme chez l'opposition:

Chez le pouvoir:

Si nous nous avons malhonnêteté de citer les actions qui nous ont marqué positivement, il nous faut aussi de la même honnêteté pour citer les actes et comportements à déplorer qui sont entre autres : le manque d'accès de l'opposition aux médias publics, le zèle de certains administrateurs et officiers de l'armée, le mutisme devant  les promoteurs du régionalisme.

Le manque d'accès de l'opposition aux médias publics

Dans une démocratie civilisée qui se respecte toutes les entités sociales ont accès à la presse publique. La classe  politique, c'est traditionnellement, le pouvoir et l'opposition .Si la RTG, trouve du temps pour les griots, comédiens pourquoi ne pas aussi couvrir les activités des partis politiques de l'opposition? Les journalistes à l'instar des autres fonctionnaires et agents de l'État sont payés avec l'argent  du contribuable, pourquoi ne pas s'intéresser aux activités d'une partie de ces contribuables? N'est ce pas l'activité politique est légitimée par la constitution? Quand bien même on ne peut pas réserver le même temps de couverture accordé aux activités du pouvoir à celles de l'opposition dans la mesure où le premier camp est obligé de rendre compte à tout le peuple ses activités ce qui n'est pas le cas pour l'autre camp qui n'est qu'à la conquête du pouvoir. Dans une république, il est dans l'ordre normal des choses que les média publics ne méprisent aucune partie légitimement constituée et reconnue par la constitution. Sortir les opposants à la télé nationale ou dans les journaux Horoya ce n'est ni faire de la tolérance, de la charité ou une faveur. C'est tout simplement respecter le fonctionnement démocratique. Toute fois il ne s'agit pas pour l'opposition de faire des incitations  à la haine et au soulèvement populaire pour rendre le pays ingouvernable et apeurer les investisseurs étrangers. Il s'agit de critiquer objectivement les actions du pouvoir pour l'obliger à mieux faire dans l'intérêt supérieur de la nation .Ce qui ne doit pas en principe être considéré par le pouvoir comme une provocation. L'opposition partout doit être dans son rôle et le pouvoir dans le sein. Alpha Condé était la peste du RTG sous le régime Conté .Des billets étaient signés pour simplement l'insulter et lui discréditer auprès du peuple surtout lors de son procès suite aux fausses accusations du pouvoir Conté après les élections présidentielles de 1998. Mais ce n'est pas les vomissures des journalistes alimentaires à la solde des dictateurs qui font de quelqu'un un Président. Les crachats du crapaud ne peuvent jamais atteindre la colombe blanche, disent les dogons et mes parents du Konia! Alors qu'il est aujourd'hui au pouvoir  va-t-il laisser la même pratique persister à son détriment?

 

Le zèle de certains administrateurs et officiers de l'armée

Le gouverneur de Conakry et certaines autorités de  Kankan  ne semblent pas encore comprendre que le pays a changé de régime. Rien ne sert d'intimider les adversaires politiques du Président dans l'espoir de bien conserver son poste. C'est au contraire mal servir le pays, le Chef de l'État et même le gouvernement en donnant des preuves à l'opposition pour le trainer dans le ridicule .Un gouverneur de région, un Préfet, un sous préfet, un responsable du commandement militaire ou paramilitaire  est censé être strictement républicain. Donc impartial dans l'exercice de sa fonction. En tant qu'autorité elles n'ont pas à afficher leur couleur politique. Elles sont tenues par l'obligation de réserve. N'est ce pas ce sont les mêmes qui maltraitaient hier Alpha Condé et ses militants? Loin de nous toute idée de vengeance, mais il est parfois bon de rafraichir la mémoire du peuple pour barrer la route à toute amnésie. N'est ce pas le RPG est le seul parti politique en Afrique à part l'ANC en Afrique du Sud à avoir essuyé  les foudres du pouvoir dictatorial ? Combien de personnes ont payé de leur sang et de leur  vie pour la cause d'Alpha Condé et du RPG en Guinée? La liste des martyrs du RPG est là pour nous confirmer largement. N'est-il pas sage de tirer les leçons pour éviter les erreurs des autres régimes?

 

Le mutisme devant les promoteurs du régionalisme

Alors que le pays a besoin d'être unifié, apaisé et réconcilié .Certains au lieu de travailler pour bâtir une nation soudée et citoyenne, font dans la promotion régionaliste. Ainsi pour consolider leurs places, ils convoient à Conakry les sages de leurs localités d'origine au Palais histoire de mieux "rassurer" le Président. Ainsi ces sages, devant les cameras et les micros des média publics plaident pour la cause de leur" région" et de leurs "fils». Quelle insulte à la cohésion nationale? Où est la cause nationale dans ce jeu? Il est temps d'arrêter cette nouvelle forme de trafique d'influence comparable à un népotisme qui ne dit pas son nom. Tous les guinéens sont les mêmes, donc pas de traitement de faveur pour une région. Le Président doit vite freiner les opportunistes qui s'époumonent dans cette entreprise. Sékhoutouréya doit mettre fin à ce marché des chambellans opportunistes. Il serait mieux de tenir loin de la chose politique ; les associations régionales et ethniques. A défaut de leur supprimer  le mieux serait, dans un souci de développement décentralisé de mettre sur pied des associations de développement régional. Et mettre en place un conseil national des sages qui fera office d'organe à consulter pour avis concernant les grandes décisions du pays. Mais aujourd'hui, le pèlerinage sans cesse    à Conakry pour "attirer l'attention du Président sur les fils de sa région" est une honte pour la démocratie guinéenne. C'est le lieu de saluer la sortie du Ministre d'État Secrétaire Général à la Présidence François Lounceny Fall condamnant ce phénomène rétrograde.Le pouvoir doit sévir.

 

Chez l'opposition:

La mauvaise  foi, l'incitation à la provocation et à la révolte, la victimisation ethnique sont les faiblesses de certains de nos opposants.

La mauvaise foi

Elle consiste à ne rien reconnaître de bien dans les actions du pouvoir. C'est s'enfermer dans un nihilisme ridicule. Si l'opposition guinéenne était de bonne foi et galante elle devrait féliciter le gouvernement pour l'obtention des 700 millions de dollars versés par Rio Tinto. Mais pour ne pas creuser sa propre tombe (car nombreux de ses leaders furent ministres et même Premier ministres) devant le peuple, il faut faire comme rien ne s'est passé. Or dans les grandes démocraties, l'élégance  voudrait que l'on reconnaisse les mérites de ses amis mais aussi de ses adversaires et ennemis. D'autres ont poussé la malhonnêteté  et la petitesse pour dire que jusqu'ici aucune action positive n'est posée. Alors qu'ont fait ces Messieurs lorsqu'ils étaient aux commandes?

L'incitation à la provocation et à la révolte
C'est vrai qu'entre adversaires politiques il n'y a pas de cadeaux mais pour un pays fragile comme la Guinée, doit on mettre les militants dans la rue pour trouver solution aux questions et cela dans un vandalisme irresponsable? Ne devrait-on pas laisser le pouvoir jouir de sa période de grâce? Est ce c'est dans le vandalisme que nous allons progresser.
Toute fois en acceptant de recevoir les opposants pour discuter avec eux, le Président a contribué à  baisser l'adrénaline .Les revendications peuvent parfois être normales mais mettre le pays en instabilité c'est nuire à son peuple et planter les germes du désordre. L'opposition et le pouvoir en dépit de l'adversité doivent se respecter.

 

 

 

La victimisation ethnique
A travers certains discours on se demande parfois si toute fois il s'agit d'opposants guinéens ou  de chefs tribaux comme en somalie .Dans chaque nomination on cherche à faire l'arithmétique ethnique («combien de ministre, de directeurs, d'officiers... pour mon ethnie?") Lorsqu'un citoyen est en conflit avec la loi ou s'il y a un conflit entre groupe rivaux, comme éleveurs et agriculteurs, on transforme en problème ethnique. Pourquoi tirer sur l'émotionnel pour faire du mal? Toutefois il faut faire la part entre opposants honnêtes et victimistes ethniques qui lorsqu'ils étaient au pouvoir ont vraiment " développé" la Guinée à tel point que personne ne se plein aujourd'hui! Ils ont tout fait pour la Guinée. En vérité si la honte pouvait tuer certains opposants guinéens ne seraient pas aujourd'hui de ce monde. Mais comme la politique est infesté de virus, il faut faire avec.

Les dossiers sensibles à gérer avec  sagesse pour la préservation de l'unité nationale

Notre pays vient de loin, très loin même ! Il est du devoir de chaque guinéen aujourd'hui d'où qu'il se trouve  de s'investir pour renforcer l'unité nationale en tirant les leçons des pays qui ont connu la guerre civile. Bien vrai que nul n'a le monopole du patriotisme mais il est important que la cause de sa patrie soit défendue vaille que vaille. Notre pays à l'instar de plusieurs autres a connu des périodes tristes  marquées par : une agression de mercenaires, des incitations à la haine ethnique, des pendaisons publiques, des camps et prisons pour torturer et tuer, des répressions sanguinaires (etc.) aujourd'hui, il est question d'assumer ces tristes faits de notre histoire commune et de trouver une solution appropriée.

Faut- t-il aller aujourd'hui tout de suite à la réconciliation  nationale? Est ce qu'il faut ouvrir un dossier pour chaque victime ? Faut-il miser sur le pardon ? Cette grande qualité humaine.Doit-on opter pour la justice divine ou celle des hommes? Et tous ceux qui se disent victimes le sont en réalité ? Tous ceux qui sont traités de bourreaux le sont ils en vérité ? Faut il condamner les supposés bourreaux sans leur écouter ? Et les supposés bourreaux qui ne sont pas de ce monde ? Le pouvoir actuel est dans les dispositions normales pour  établir un tribunal spécial aux victimes guinéennes? Il ne serait pas mieux d'élire un tribunal spécial qui marierait, Vérité-Justice-et Pardon le tout dans un esprit de sagesse qui songerait à réparer moralement et matériellement même à titre symbolique et parfois posthume?

Le premier mandat d'Alpha Condé c'est 1825 jours. Et il faut estimer les victimes  à près de 10 milles personnes. Ce qui veut dire même si trois dossiers étaient jugés par jour, en 10 ans la question des victimes ne seraient pas close. Sans forcement copier l'exemple des autres pays, ne devrons nous pas mieux méditer sur cette question sensible ?
A notre humble avis, il serait question de proposer aux victimes trois options avec des questions simples?

A) Quelles sont celles qui sont prêtes à pardonner ici bas et dans l'eau delà?

B) Quelle sont celles qui veulent tout confier à ALLAH?
C) Quelle sont celles qui veulent un jugement dans l'espoir d'une réparation morale ou matérielle de ce monde ici bas?
En attendant, les deux responsables religieux  mandatés pour le Chef de l'État sont sur le terrain pour prêcher la sagesse. La justice est bonne mais il faut parfois reconnaître ses limites. Par exemple est ce que condamner une personne à la peine capitale parce qu'elle a tué sept autres personnes peut vraiment soulager les enfants de ceux qui sont morts? Est ce que donner 1 milliard à quelqu'un parce que son père  est mort au camp Boiro pourra remplacer ce parent cher? Est ce donner 5000 dollars à une femme qui serait violée au stade de Conakry pourra réparer le préjudice qu'elle a subi .A moins que l'on ne soit une personne sans dignité pour préférer l'argent à la place de certaines humiliations subies. Ne pas aussi punir les coupables c'est comme cautionner les actes des bourreaux et même leur inciter pour d'autres éventualités. D'où tout l'enjeu liée à cette question. Le mieux serait de connaître la vérité et d'accepter les excuses publiques des bourreaux qui sont en vie. Et laisser l'État leur infliger la peine qui lui convient selon la loi en vigueur dans le pays. En attendant que Dieu ne leur jette dans les méandres de l'enfer. Mais, il faut éviter de faire de cette triste question politique et très sensible un fond de commerce politique en soufflant sur la braise. C'est un problème national. Se mettre à dire:" c'est mon ethnique qui est majoritaire parmi les victimes, levons-nous pour que justice soit faite !" consisterait à verser dans un sectarisme éhonté. Il serait préférable d'attendre que toutes les instituons républicaines soient instaurées pour d'avantage réfléchir sur cette question. Elle n'est pas à traiter à la hâte. Et elle n'est pas à classer sans suite. C'est notre avis.

 

Conclusion:

La vie d'une nation c'est des hauts et des bas. Après un demi-siècle de dictatures multiformes, la Guinée a pu se trouver un Président démocratiquement élu. Mais la démocratie ne se limite pas aux seules élections. Elle est une exigence quotidienne. Une volonté populaire qui fait de chaque citoyen un militant du progrès prêt à satisfaire ses devoirs avant d'exiger ses droits. Nous ne devons pas tout exiger de nos dirigeants sans pour autant nous exiger quelque chose. La Guinée ne sera jamais ce bon pays tant souhaité et rêvé, si nous optons pour la mauvaise foi. Chacun de nous doit selon ses moyens et sa volonté participer à son édification.

A la lumière de ce qui précède, nous pouvons dire qu'Alpha Condé a positivement marqué sa première année à la tête de la Guinée. Pour un pays aussi spécifique comme la Guinée où tout est à construire ce n'était pas évident surtout avec un Président qui a essuyé un coup d'État avorté à peine trois mois de son investiture.

                                                     Dakar, le 22 Décembre 2011

 

Ansoumane CAMARA


Président de l'Action de la Jeunesse Guinéenne pour l'Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP)
ansoumanecamara2000@yahoo.fr
téléphone : 00221 77 527 66 23

 

 


 


 



 

 

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