Guinée: 5 candidats dénoncent des fraudes, la Céni mise en cause, selon AFP
2010-06-30 05:41:35
Les principaux candidats à l'élection présidentielle organisée dimanche en Guinée ont multiplié mardi les accusations de "fraudes", que la Commission nationale électorale indépendante (Céni) a qualifiées de "totalement infondées".
Selon le code électoral guinéen, la Céni doit proclamer les premiers résultats provisoires dans les 72 heures suivant le scrutin, soit avant mercredi 18H00 (locales et GMT).
La communauté internationale avait salué l'atmosphère de paix et de sérénité qui avait prévalu, dimanche, pour la première élection libre de l'histoire de la Guinée, après 52 ans de dictatures.
Mais, mardi, le candidat Alpha Condé a accusé le président de la Céni, Ben Sékou "d'avoir tout fait pour que le scrutin se passe mal". Cet opposant de très longue date a par exemple évoqué le fait que des bureaux de vote aient été "situés à 20, 30 km des populations" dans son fief de Haute-Guinée et a évoqué des "fraudes graves" dans trois quartiers de la banlieue de Conakry.
Nous n'allons pas permettre à des pyromanes de mettre ce pays à feu et à sang", a lancé M. Condé.
Avant lui, les porte-parole de trois candidats - les ex-Premiers ministres Cellou Dalein Dalein, Lansana Kouyaté et Sidya Touré - avaient multiplié depuis lundi soir les dénonciations. Les uns après les autres, ils avaient évoqué des "fraudes massives" dans certaines communes de Conakry ou d'autres villes, des "bourrages d'urnes" ou encore le fait que des urnes aient disparu puis réapparu.
Le parti de l'homme d'affaires Mamadou Sylla a également dénoncé mardi soir des "fraudes".
Maurice Zogbélémou Togba, responsable de la campagne de l'ancien Premier ministre Sidya Touré (1996-1999), a toutefois "regretté que les leaders de partis se mettent à faire des déclarations sur les radios" à ce sujet. "Il faut éviter d'intoxiquer l'opinion. Qu'ils attendent les résultats, le contentieux électoral est prévu par la loi", a-t-il lancé.
Le directeur des opérations électorales de la Ceni, Pathé Dieng, a réagi en réaffirmant qu'"aucun résultat" du scrutin de dimanche "ne serait manipulé" et a qualifié de "totalement infondées" les accusations de fraudes lancées par divers partis.
Selon M. Dieng, "les informations reçues par la Céni" depuis dimanche pour la centralisation des résultats couvraient mardi "moins de 50%" des votes. "En pareille circonstance, la prudence requiert que les données soient agrégées et vérifiées", a-t-il dit.
Un délai avait été donné aux commissions de recensement des votes pour faire parvenir, jusqu'à mardi, les résultats à la Céni. Selon M. Dieng, le général Sékouba Konaté, président de la transition, a mis à la disposition de la Céni un hélicoptère pour acheminer des résultats.
Source: AFP
Quand Pathé Dieng affirme que jusqu’à mardi la Ceni n’a reçu que moins de 50%, on lui demande combien de jours font les SMS entre deux villes guinéennes, aussi longtemps qu’un Alakabon ? C’est du n’importe quoi! On ne sera plus surpris que des SMS fassent des accident de route en Guinée!
La publication immédiate de chaque résultat partiel reçu d’un bureau de vote constitue ce qu’on appelle transparence dans la gestion d’une élection et évite de créer des suspicions. Ce que la Ceni doit publier dans les 72 h, c’est l’estimation globale relative au territoire national. Centraliser tout dans la discrétion et connaître les tendances au niveau restreint avant de proclamer un résultat est la méthode des dictateurs ont des résultats à proclamer autre que le vote proprement dit. Ils avaient promis la transparence mais les vieilles habitudes ne s’abandonnent pas si facilement ! Aujourd’hui tous les 5 importants candidats les dénoncent et les accusent de fraude. Ce qui veut dire que les résultats sont déjà contestés. Cela n’allait pas arriver si la transparence avait été respectée. Mais cette Ceni a été maintenue par irresponsabilité de ces mêmes 5 candidats surtout. L’armée doit les rappeler à l’ordre contre toute incitation à la perturbation.