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La Guinée d’abord !
Depuis la proclamation des résultats du premier tour de la présidentielle du 27 juin 2010, le Premier Sinistre, oh ! Ministre de Guinée s’attèle à célébrer un mariage forcé entre la Commission Nationale Indépendante (CENI) et le Ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques (MATAP). Il veut transformer ce ministère en « Ministère de l’Administration de truands adeptes de sa politique ». Le but, tripatouiller la constitution et permettre l’élection de son outsider de « Professeur » qui lui a promis une transition renouvelée en Contrat à durée indéterminée.
Beaucoup d’observateurs s’étonnent de l’attitude de Jean- Marie Doré qu’ils croyaient honnête, intègre et républicain. Ils ont seulement dû oublier que sa vie politique est marquée par ses innombrables volt- face, sa rhétorique creuse, sa flagornerie et ses déclarations inopportunes.
Siégeant dans l’opposition « des années 90 » le jour, bon nombre de leaders politiques de l’époque savaient qu’il se faisait inviter à la table du Général Lansana Conté. Il déballait tout ce qui avait été dit, décidé et envisagé par ses pairs. Ainsi, Jean- Marie Doré a participé à toutes les oppositions guinéennes sans jamais être un opposant à un régime en place. Il a toujours été un opposant diurne qui se transforme, la nuit tombée, en thuriféraire et chantre du système politique qu’il prétend combattre. Inutile de revenir sur ses propositions de dernier instant qui déroutaient militants et leaders politiques. La dernière en date, c’est son fameux comité ad- hoc qu’il proposa dans la stupeur totale au temps de  Dadis.
Il aura fallu que l’actuel premier ministre soit décrié par la classe politique alors constituée en forces vives pour qu’il revienne en arrière lors de la remise des conclusions dudit comité. C’était le 17 août 2009 au Palais du Peuple.
C’est cette  proposition de comité ad- hoc qui finit par perdre le Capitaine Moussa Dadis qui crut naïvement pouvoir se faire élire Président de la République. Les conséquences furent le 28 septembre et le 3 décembre 2009. On peut affirmer, toute réserve faite, que, n’eut été les propositions fantaisistes de ce comité, Dadis aurait résisté aux pressions de ces mouvements de soutien et aurait respecté ses engagements. En tout état de cause, la proposition hasardeuse de Jean- Marie Doré a coûté chère et à Dadis et à la Guinée.
Aujourd’hui, la même personne joue au fauteur de trouble en faisant une autre proposition dont les conséquences risquent d’entrainer la Guinée dans une situation qu’elle n’aura jamais connue auparavant. En effet, cet homme qui, apparemment n’a tiré aucune leçon de l’histoire politique, veut s’octroyer la modification de la constitution guinéenne entre le premier tour et le second prévu le 19 septembre 2010.  Pourtant, il faisait partie de ceux qui ont dénoncé la modification de cette même constitution en décembre 2003 permettant ainsi au Général Conté de se maintenir au pouvoir.
Attitude très peu étonnante de la part de cet « opposant en carton », qui se trouvent aujourd’hui au milieu du cercle des auteurs de la modification de 2003. Un cercle qui porte bien son nom « Arc- en ciel » et qui, contrairement à celui d’Afrique de Sud, ne symbolise pas une multitude raciale. Il est un conglomérat de politiciens de toutes les couleurs : fossoyeurs, renégat, transporteurs de fonds de campagne, usurpateurs de cachet et signature du Président Conté, acteurs supposés des massacres du 28 septembre 2009. Justement, l’interview que leur « Professeur » a accordé à une chaine panafricaine et dans laquelle il accuse l’un de ses alliés, en l’occurrence Papa Koly Kourouma, d’avoir orchestré le bain de sang  du stade prouve à suffisance le caractère cosmopolite et contre- nature de ce groupe.
Ces éléments montrent qu’il ya des personnes pour lesquelles l’intérêt supérieur de la nation ne signifie rien face à leurs intérêts bassement personnels. Au cas contraire, comment Jean- Marie Doré peut- il vouloir toucher à une constitution qui a été proposée et validée par un acte officiel au plus haut degré. Face à cette audace, on peut se demander au nom de qui, de quoi et pourquoi, le premier Ministre agit.
Quelques hypothèses s’imposent et elles sont plus probantes les unes que les autres.
Jean- Marie Doré veut conduire la Guinée dans le chaos en retardant la transition qui a déjà dépassé la durée qui lui avait fixée. Pour ce faire, il a imaginé ce scénario catastrophe de modification constitutionnelle qui pourrait pousser les Guinéens à bout. Du coup, il en résulterait un soulèvement populaire. Il sait pertinemment que les populations qui ont vaillamment lutté et versé leur sang ne se laisseront plus jamais berner, même par plus important que lui, Jean- Marie Doré.
Le Premier ministre nourrit le dessein satanique d’œuvrer à la fraude électorale en associant une institution qui ne saurait être neutre : le Ministère de l’Administration du Territoire qui est sous son contrôle. Le fait que des personnes aguerries à la fraude et qui ont intronisé l’adversaire de leur allié du jour fassent partie de leur « Arc- en Duel » en dit long. N’est- ce pas que leur challenger n’a pas hésité à fomenter un coup d’Etat contre le Général Lansana Conté  en perpétrant une agression contre la Guinée, à partir des régions de la Guinée- Forestière ?
Jean- Marie Doré veut entacher la transition assumée par le Général Sékouba Konaté. Pire, par son acte, il pourrait sacrifier notre peuple et le Général lui- même. Il parviendrait alors à ses fins : tricher pour d’Alpha Condé qui lui a fait miroiter  une reconduite à son poste actuel.
Cette hypothèse commence à faire son chemin car, les Guinéens et de nombreux observateurs commencent à se poser de questions. Certains estiment (à tort espérons- le) que le Général Sékouba Konaté est derrière ce coup de sabre que tente Jean- Marie Doré dans la constitution. Ils évoquent à l’appui de leur thèse le fait que le Premier Ministre ne se risquerait pas, et pour quelque raison que ce soit, dans une telle aventure s’il ne bénéficiait de l’appui du Président de la Transition. On voit bien qu’au- delà des effets pervers de la tentative de modification de la constitution, c’est la crédibilité du Président de la République par Intérim  qui en prend un sérieux coup.
Enfin, Jean- Marie aurait des complices. En plus de son allié alpha Condé, des personnes tapies dans l’ombre tireraient, pense- t- on, les ficelles pour saboter la transition et l’action du Général Sékouba. Le but, empêcher la tenue du second tour et, au cas échéant, imposer Alpha Condé à la suite de fraude.
Cela générait forcément des troubles qui pousseraient les faucons du pouvoir défunt à évincer le Général Sékouba et ses partisans modérés. En cela, il serait appuyé par des vieux généraux à la retraite, notamment ceux qui ont trahi le Général Lansana Conté et qui, à force de bassesse, sont revenus dans sa grâce. Ces nostalgiques, on s’en souvient, avaient provoqué des troubles en Guinée- Forestière en 1985-1986. Soutien de pacotille au Président Conté à son arrivée au pouvoir, ils n’ont pas tardé de se rebeller contre lui en passant dans une opposition de paille.
En outre, ils sont de ceux qui ont orchestré l’arrestation de Diarra Traoré et poussé plusieurs vaillants officiers à la retraite afin de pouvoir se positionner. Ce  sont les mêmes qui ont tenté, au nom d’une coordination de la Basse- Côte montée de toute pièce, de forcer l’alliance avec le RPG d’Alpha Condé. Ces ethnocentriques qui gravitent autour de l’arc- en ciel aux flèches écornées semblent ignorer que leur temps est passé. Que l’heure est aux nouvelles générations pour lesquelles la démocratie n’a pas de prix.
Face à toutes les manigances soupçonnées ou avérées, une seule chose compte : La Guinée. Aucune personne, aucune autorité, aucune entité socio- professionnelle ou politique n’a le monopole de la terre- Guinée. Aucun groupe ethnique n’a l’exclusive du pouvoir et ne peut considérer une personne d’une ethnie différente de la leur indigne de diriger le pays.  Malheureusement, il ya des personnes pour lesquelles tout Guinéen qui ne serait pas de leur appartenance ethnique et qui arriverait au pouvoir est un usurpateur. Ce fut le cas lorsque le Comité Militaire de Redressement National (CMRN), ayant à sa tête le Général Lansana Conté, pris le pouvoir en 1984 après la mort de Sékou Touré.   Ceux qui n’avaient pas hésité d’indexer Lansana Conté comme l’usurpateur soussou pour s’attirer un électorat à base ethnique se souviennent, les sept bougies révolues, qu’ils sont d’ascendance maternelle soussou. Tout cela, ne répond qu’à un seul et unique but : jouer la fibre ethnique pour opposer les Guinéens et satisfaire son obsession du pouvoir.
Mais, je dis qu’aucun Guinéen  n’a le monopole du patriotisme. Nous avons tous les mêmes droits et devoirs dans cette portion territoriale de l’Afrique que nous aimons au même titre. Que ceux qui cherchent le pouvoir pour venger les  leurs ou à leur profit exclusif le tiennent pour acquis : à la moindre tentative de déstabiliser la Guinée par leur extrémisme politique et leur ethnocentrisme stupide, ils auront tous les Guinéens contre eux. Ils se retrouveront seuls contre tous car la conscience d’appartenance à une entité nationale est désormais une réalité dans notre pays.
La Guinée seule compte. Il n’y aura pas de conflit dans notre pays parce qu’une personne répondant à tel ou tel patronyme prétend légitimement au pouvoir. Qui, en Guinée n’est pas ressortissant d’une région ou membre d’une entité ethnique ? Faudrait- il coller tous les maux du pays à une région ou une ethnie différente de la nôtre ? Qui a le droit de manipuler le peuple en se faisant passer pour le saint de saints et traiter les autres de tous les qualificatifs abjects ?  Au nom de quoi indexe- t- on l’élite intellectuelle ou financière de telle ou telle ethnie comme le fait le leader du RPG ? Affirmation « les commerçants peuls sont un groupe de mafieux autour de Cellou Dalein » dixit Alpha Condé.  Au nom de quoi quelqu’un pourrait- il revendiquer les quelques milliers de km2 qui forment ce beau pays de l’Afrique de l’Ouest comme sa propriété privée ?
La Guinée appartient à tous les Guinéens sans exception. Elle est la terre de nos ancêtres communs ou différents. Une chose est claire et irréfutable, tous ceux qui l’habitent ont le droit de prétendre légitimement à la magistrature suprême. C’est au peuple et à lui seul d’en conférer le mandat. La constitution qui définit les prérogatives et qui en est le garant est intouchable. Ce n’est ni un Président de la République, encore moins un premier ministre, qui y changera ne serait- ce qu’une virgule. A plus forte raison la fouler au sol en violant son fondement et ses principes. Ce temps est révolu car le peuple veille !
Dorénavant, et plus que par le passé, nous devons nous mobiliser pour empêcher  les vieilles peaux de sacrifier à nouveau les jeunes générations. Ce n’est pas après avoir promené sa bosse dans le monde entier qu’on viendra au crépuscule de sa vie s’accaparer de la Guinée comme l’on ferait d’une fille volage. Ce n’est pas, non plus, d’une fonction préalablement transitoire qu’on s’éternisera en voulant réviser la constitution au nom de fallacieux  soucis d’efficacité.
Ce n’est pas, et loin s’en faut, en valorisant faussement les conventions internationales  et en reléguant la constitution en simple contrat interne à un pays qu’on abusera le peuple. Faut- il rappeler à monsieur Jean- Marie Doré  que les accords de Ouaga ne sauraient primer sur la constitution ? En revanche, il a l’obligation de respecter ces textes : l’un instaurant la transition ; l’autre étant le fondement de la République. A ce titre, il n’a le droit, ni institutionnellement ni juridiquement, d’initier une quelconque modification. Le Conseil National de la Transition (CNT) est la seule institution qui, jusqu’à preuve de contraire, dispose d’une telle prérogative.  
Enfin, la Guinée d’abord ! Pour toutes les Guinéennes et tous les Guinéens. La Guinée n’échoira plus jamais entre les mains de nostalgique,  de dictateur, d’opportuniste, de va- t- en guerre et d’ethnocentriques viscéraux.
La Guinée d’abord ! Pour sauver le peuple, le pays, la nation et les épargner des affres de la division.
La Guinée d’abord ! Pour que les destinées du peuple échoient au plus méritant. Celui qui sera choisi par la voie des urnes à travers un scrutin paisible, démocratique et transparent le 19 septembre 2010. Ceux qui ne veulent pas le parachèvement du processus électoral dans l’unité et l’entente peuvent renoncer à leur candidature.
La Guinée ne s’en portera pas plus mal. Bien au contraire !

Lamarana Petty Diallo                    

lamaranapetty@yahoo.fr

 

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