Conférence-débat organisé par le CEMAf
Vendredi 1e octobre 2010, de 14h30-18h30
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre Malher, amphithéâtre G. Dupuis
9, rue Malher, 75004 Paris
Métro : Saint Paul
Les enjeux de la construction démocratique en Guinée : comment sortir du blocage actuel du processus électoral pour relancer le développement économique et social dans ce pays doté des potentialités naturelles exceptionnelles ?
Les observateurs ont tiré deux principaux enseignements, après l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Guinée. L’observation a montré que le vote a été aussi ethnique que clientéliste, d’une part ; une fraude généralisée a été constatée voire dénoncée par la plupart des candidats, d’autre part. C’est pour dire que la Guinée est aujourd’hui traversée par des affrontements ethniques, caractérisés par des tensions vives entre les candidats. Cette bataille se retrouve au cœur même de l’organe chargé des opérations électorales, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), et divise également les responsables des institutions de la transition. Les membres, en particulier de la commission électorale, sont foncièrement divisés : les uns veulent aller tout de suite au second tour et les autres exigent avant tout le respect d’un minimum de transparence, qui n’a pas été observée lors du premier tour. L’implication de l’armée est aussi déterminante dans ce processus, sans laquelle la transition du pouvoir militaire vers le pouvoir civil ne sera qu’un leurre. Chaque leader, civil ou militaire, joue implicitement ou explicitement sur cette question ethnique, très sensible en Guinée. La plupart des partis politiques fonctionnent d’ailleurs sur cette base ou s’inscrivent dans une perspective d’alternance ethnique au pouvoir légitimant le tour de tel groupe ou de tel autre. La corruption et le clientélisme sont présents et à tous les niveaux. L’argent, l’élément central, est devenu le moyen privilégié d’accéder ou de se maintenir au pouvoir. D’où le laxisme, pour ne pas parler du conformisme des élites, préférant sauvegarder leurs privilèges personnels au détriment de l’intérêt général. Pourtant les Guinéens, quelque soit leur appartenance ethnique, sont tous victimes de ces pratiques clientélistes et confrontés aux mêmes problèmes : sécurité, emploi, logement, eau, électricité, bref le bien être social. Les Guinéens, comme la communauté internationale, sont donc préoccupés actuellement: comment comprendre le report de la date du second tour de l’élection présidentielle ? Quelles perspectives de sortie de crise permettant à la Guinée de compter parmi les pays démocratiques d’Afrique ?
Nous avons invité différents intervenants à y participer dans l’objectif d’attirer l’attention des Guinéens sur l’existence de menaces réelles d’affrontements ethniques justifiant le maintien de l’armée au pouvoir.
Débat animé par
Moustapha Diop, CEMAf-Paris1
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Programme de la conférence-Débat
- Accueil du public, présentation des invités et du programme de la conférence
- Introduction du débat :
Pourquoi se taire et laisser faire quand l’affrontement ethnique menace la rupture de l’unité nationale en Guinée ?
Par MOUSTAPHA DIOP
La conférence se déroulera en trois temps :
1 : La problématique ethnique en Guinée.
Par BEATRICE BIANCHI, Chercheuse rattachée au Centre de Recherche d’Etudes Africaines, Université Paris1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux de recherche, axés sur la crise et contestations politiques en Guinée, portent sur les stratégies de mobilisation des Forces Vives.
Elle s’attachera à l’analyse des menaces d’affrontements ethniques dans le processus électoral en Guinée, en s’appuyant sur ses études effectuées en Guinée et parler des «tensions intercommunautaires en Guinée forestière».
2 : Les enjeux du processus électoral en Guinée
Par AZIZ DIOP, Secrétaire Exécutif du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG).
Il s’agit de comprendre les enjeux du processus électoral en cours en mettant l’accent sur la place et le rôle de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) dans l’organisation de l’élection présidentielle en Guinée.
3 : Ouverture du débat avec le public
Ce débat, se déroulant dans un cadre universitaire, doit rigoureusement observer le principe de liberté d’expression et de pluralité d’opinions. Nous avons par ailleurs sollicité très peu d’intervenants pour accorder plus de temps au débat. |